jeudi 1 octobre 2015

Tant de larmes

Je sais que je me suis faite rare par ici ces derniers temps.

La faute à la vie, la vraie, celle où des personnes en 3D interagissent avec vous avec de la chaleur, des odeurs, des moiteurs et des pleurs.
Ce dernier mois les pleurs furent majoritaires pour moi.

[je ne sais pas si je fais bien de vous raconter ce qui va suivre mais vous êtes l'oreille la plus neutre que je connaisse]

Je m'étais absentée de la toile ainsi que de ma vie quotidienne (j'ai laissé en plan ma précieuse boutique, mes gentils clients, ma maison-refuge) afin de remplir une tache qui devait être, par ailleurs, rémunératrice (les affaires sont dures en ce moment et tout argent est bon à prendre)
Mon ami, la lumière de mes nuits, mon compagnon à éclipse m'avait proposé de garder sa maison pendant son absence...moyennant finance.
Cela peut paraitre étrange vu de l'extérieur mais c'était le moyen qu'il avait trouvé de m'aider (alors que je suis dans la panade) sans sembler y mettre trop d'affect. Cherchez pas à comprendre cet aspect de la situation, il fonctionne comme ça et c'est tout.

Ce gardiennage comprenait aussi les soins à son chien, un splendide berger allemand du nom de Bacchus. Un chien que je connaissait depuis son arrivée chez le poilu, une crème, 44kg d'amour.

Tout devait bien se passer, il n'y avait aucune raison que cela se passe autrement: une belle maison, un chien adorable, un temps divin, des pelotes, mes crochets et un frigo rempli jusqu'à la garde de victuailles, que demander de plus?

Tout est parti en vrille quand, un matin, j'ai vu B vaciller sur ses pattes et s'écrouler au sol.
Je vous épargne les détails sordides, tout s'est conclu en une demie heure, chez le véto par un arrêt cardiaque.
On m'a dit que c'était un cancer fulgurant.
Pour moi c'était plus un cauchemar, une tragédie indicible qui m'a fait revivre le décès de mes propres compagnons poilus, les yeux qui se perdent, le souffle qui s'arrête, un gouffre béant sous les pieds et le coeur broyé.
J'ai tout pris en pleine face.

Mais la conclusion n'est pas là.

J'avais tenu au courant minute par minute son maitre, il ne pouvait pas rentrer plus tôt, ça ne changeait rien de toute façon.

Tout a empiré à son retour.

Rien n'allait, je n'avais pas fait ce qu'il fallait, nulle part.
Je n'avais pas décelé à temps que le chien n'allait pas bien.
Il aurait put être sauvé si j'avais été plus attentive.
Je suis incompétente, je n'avais pas choisi le bon véto sur la liste qu'il m'avait laissé.
Je l'ai tué, donc...

J'ai fuit de la maison au petit matin, en larmes, en laissant un mot d'adieu.

A son réveil, il m'a appelé, j'étais déjà à plus de 150km de lui et mon téléphone ne fonctionnait pas (je ne le savais pas)
Mon forfait étant carbonisé, nous avons correspondu par SMS, sanglants.

Notre histoire est terminée, mochement...


J'aurai voulu vous montrer de jolies choses en laine, faire des blagues potaches et vous dire combien la vie est belle.
Mais je pleure constamment, le ciel bleu est gris et mon lit trop grand.

Je remontrais la pente, je le sais mais il me faudra du temps.

Je ne sais pas si je répondrais à vos commentaires, je ne partagerais pas ce billet sur fb.
Je ne sais plus où je suis.

A+

4 commentaires :

  1. Je me doutais que quelque chose se passait :/ Cette histoire est triste, bien trop triste... Je ne suis qu'un amas de petits pixels de l'autre côté d'un écran, mais pour le peu que ça peut y faire, je t'envoies toutes les ondes positives que je peux. Quand on est en détresse on cherche un responsable à tout prix, et tu étais injustement la seule sur la trajectoire, mais tu le sais, toi, que ce n'est pas de ta faute, hein? Je te souhaite plein de courage, gros bisou. Ophélie

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  2. Bon imagine que je suis un gros mouton rose à petit pois et que je viens te faire un gros calin dégoulinant de bonne volonté, avec une grosse tasse de thé. Clairement c'est très moche ce qui t'arrive, j'espère de tout coeur que tu vas pouvoir sortir la tête de l'eau. On est là en tout cas. Avec nos blagues vaseuses de tricopines.

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  3. Alors 1) tu fais bien de nous raconter tout ça, c'est que tu en ressentais le besoin et nous, ça nous permet de te couvrir de bisous à distance.
    En 2) je pense grosso modo comme l'amas de petits pixels au-dessus. Quand on est confronté à un deuil, on passe par la phase colère et dans ce cas, elle a été déversée sur toi. Ne culpabilise pas, ne refais pas mille fois le fil des événements dans ta tête. Tu as agis dans le feu de l'action et du mieux que tu as pu. De l'extérieur, j'y vois "la faute à pas de chance" et une nana qui est tellement tourneboulée qu'elle a sans doute fait tout ce qu'elle a pu. Les accidents, les drames, ça arrive et parfois, ya juste personne à blâmer.
    3) Parce que je suis une éternelle optimiste, j'ose espérer que le temps fera son oeuvre et que peut-être vous allez pouvoir reparler de tout ça, têtes reposées, larmes séchées...
    Bon courage à toi pour traverser tout ça! Retrouve toi vite, on t'attendra sagement. GROS BISOUS

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  4. Un homme c'est comme un ordinateur : on croit que c'est la solution, jusqu'au jour où on s'aperçoit que c'est un problème. Voili, voilou ... Plein de bonnes chose pour toi.

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